Se reposer
Pourquoi nous arrive-t-il d’être préoccupés, tendus, épuisés? De tout temps, l’être humain a eu besoin de se reposer afin de restaurer ses forces. Mais pour bien se reposer, ne faut-il pas comprendre l’origine et la nature de notre fatigue?
Dans notre société de performance, le repos est souvent conçu comme une fonction utilitaire afin de retourner rapidement au travail et de rester productif. C’est le repos de la « machine qu’on éteint pour éviter la surchauffe ».
Cependant, notre fatigue peut parfois être très lourde à porter sans pour autant provenir de notre labeur. Pensons aux choix de vie qu’il faut réévaluer, aux relations pénibles, aux conflits qui perdurent, aux peurs devant l’avenir, à la douleur d’un mot qui n’a jamais été oublié… Tout cela a de profondes conséquences sur nous.
Sur le plan spirituel, le repos fait écho au sabbat divin et à l’invitation du Christ de cesser de nous disperser pour plutôt nous tourner vers Lui. Dans cette attitude, l’être humain arrête de vouloir tout contrôler et solutionner par ses propres forces. Au contraire, il se fait pauvre et humble, afin d’accueillir ce qui lui est entièrement donné par la Grâce de Dieu.
« Déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis, puisqu’Il prend soin de vous. »
(1 Pierre 5, 7)
« Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. » (Marc 2, 27-28) Ainsi, le sabbat devient le moment de s’arrêter pour oser regarder en toute sincérité sa vie et se demander : « Est-ce que ma vie porte les fruits espérés ou est-ce que je me disperse inutilement? »
Le repos, intérieur et profond, demande un immense courage afin de revisiter nos choix et rompre avec nos habitudes. Il demande la lucidité de regarder le vide que l’on cherche à combler de bien des façons, de nommer et d’affronter nos peurs, et ultimement d’accepter de déposer nos fardeaux. Se reposer vraiment implique de devenir libre vis-à-vis nos diverses formes d’aliénations. Sinon, la fatigue ne fait que s’accroitre et nous gruger de plus en plus.
Comment parvenir à cette liberté qui mène au véritable repos? Aux Noces de Cana, Marie montre le chemin. Elle observe le manque de vin qui risque d’interrompre la fête et s’affranchit d’un fardeau en disant : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le. » (Jean 2, 5) En se tournant vers le Christ, elle Lui transfère la responsabilité de décider de changer l’eau en vin. En disant aux serviteurs de se placer à l’écoute de Jésus, elle s’efface et quitte le statut de celle qui doit résoudre le problème pour entrer dans le repos de la contemplation. La liberté se joue précisément ici alors qu’elle remet le destin des noces entre les mains de son Fils. Dans une confiance ultime, Marie se décharge sur Lui.
Dans nos vies, avec une grande foi, osons suivre Marie et déchargeons-nous de nos fardeaux sur le Christ, comme Il nous y invite, afin de trouver le vrai repos!
Union de prière!