S'émerveiller
Les Béatitudes sont le chemin proposé par le Christ pour nous conduire au bonheur. Elles sont comme un prisme par lequel nous pouvons filtrer notre vie. L’humilité et la pauvreté y façonnent différemment notre regard laissant de côté notre quête de pouvoir, de possession et de plaisir, mais nous permettant de goûter à ce qui vient de Dieu et qui a de la valeur.
« Le Christ ne se laisse pas posséder. Il ne nous appartient pas. Il se donne, Il est grâce, Il vient et Il part, Il est là et Il n’est plus là. » (Marie-Joseph Conruyt)
En ce sens, n’en est-il pas de même pour la vie de chacun de nous? Nous voulons tant posséder en courant après la richesse, la célébrité et les premiers rangs. Rien ne nous suffit jamais. Nos désirs nous poussent à désirer toujours plus. Et un jour, nous laisserons tout derrière, partirons et n’apporterons rien de tout cela lorsque notre vie terrestre sera terminée.
« Si tu savais le don de Dieu. »
(Jean 4, 10)
La parabole de l’homme insensé nous donne un éclairage saisissant. Un homme riche avait un domaine qui lui avait beaucoup rapporté. Il s’en réjouissait et planifiait son avenir où il pourrait enfin se reposer et jouir de l’existence. « Dieu lui dit : ‘Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura?’ Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » (Luc 12, 20-21)
Alors, comment être riche en vue de Dieu? Comment engranger ce trésor si différent? Peut-être nous faut-il d’abord changer notre façon de voir, de penser? Car au fond, nous ne pouvons rien faire pour le mériter. Ce trésor nous est donné, il faut simplement l’accueillir, l’accepter et le partager. Le défi est bien là. Reconnaître qu’il vient de Dieu. Cela demande une sérieuse prise de conscience et une grande foi.
Ici, comme pour la femme samaritaine au puits de Jacob, il faut se laisser surprendre, s’émerveiller devant une rencontre inattendue. Alors que le Christ demande à la Samaritaine : « Donne-moi à boire. » (Jean 4, 7) Étonnée, elle entreprend un dialogue qui l’amènera à croire en Lui après qu’Il lui eut dit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et Il t’aurait donné de l’eau vive. » (Jean 4, 10)
À notre tour, émerveillons-nous devant la beauté de la nature, un sourire, un geste de douceur. Cela entraînera nos yeux et notre cœur à découvrir, petit à petit, le plus inouï des cadeaux, la plus prodigieuse des merveilles, la vie que nous avons reçue entièrement gratuitement. Ainsi, nous pourrons commencer à goûter aux mots du Christ : « Si tu savais le don de Dieu. »
Union de prière!