Marie, femme de confiance...

Avoir confiance en quelqu’un n’est pas facile. Bien au contraire, l’expérience montre que c’est ce qui est le plus exigeant. Cela demande de s’abandonner entre les mains d’un autre que soi-même. Un autre que l’on ne peut pas connaître entièrement. Pourtant, sans confiance que pouvons-nous? Nos vies sont basées sur cette réalité, sur la confiance. Pas un jour ne se passe sans cela.

Si le Christ, par sa venue parmi nous change tout, n’oublions jamais qu’Il ne le put seul. Lui aussi a eu à faire confiance. Confiance, d’abord en une femme toute simple, promise en mariage à Joseph. Une femme qui deviendrait sa mère. Ainsi, bénie et choisie entre toutes, sa mission en serait une complètement unique. Marie, comblée de grâce, celle qui a reçu la faveur, serait Mère de Dieu.

Même Dieu a besoin de faire confiance. Il passe par Marie pour tout son projet de rédemption. Il a besoin d’elle et mise sur elle. Le « oui » de Marie est déterminant. Cela l’engage sur un chemin qu’elle ne comprend pas, qu’elle ne peut pas deviner, mais qu’elle accueille, qu’elle accepte. Elle croit et s’abandonne devant les paroles d’un ange messager lors de l’Annonciation. Son « oui », dans la confiance, dans la foi, inaugure. Tout débute à ce moment précis.

Dès lors, Marie sera là, au côté du Christ, du début à la fin. Sa présence fidèle, souvent discrète, parfois remarquée, sera à l’image de son « oui » initial. Marie est femme de confiance! Au cœur de la vie du Sauveur, elle devient, Mère de l’Église, Mère de l’humanité, Mère de confiance.

Marie révèle ainsi la fragilité, la faiblesse de Dieu. En un grand mystère, Dieu s’en remet à elle, s’appuie sur Marie. Et, à son tour, elle s’appuie sur Lui. Marie est au centre pour révéler l’Amour d’un Père aimant et bienveillant.

Que Marie nous enseigne la confiance! Une confiance qui émane du cœur, va au-delà des apparences, rend inutile la peur et permet d’effectuer un pas, puis un autre, afin de grandir.

« Ceux qui ont confiance en Marie ne seront jamais déçus. »
(Saint Jean Bosco)

Que Marie puisse nous accompagner! Comme Dieu, le premier, tournons-nous vers elle dans la confiance.

Que Marie soit notre Mère, ma Mère! À la suite de tant, confions-lui notre vie.

Union de prière!

 

François-Marie Héraud

Directeur de la Revue Sainte Anne

 

Chemin de Dieu 

Cardinal Gérald Cyprien Lacroix

Archevêque de Québec

La confiance

Marie, femme de confiance…

Confiance et espérance, sœurs jumelles de la foi

La réflexion sur la confiance m’amène à discerner comment cette valeur s’exprime dans ma vie. Je pense alors à des personnes en raison des preuves irréfutables qui justifient la confiance que j’ai mise en elles. J’apprécie leur fidélité en amitié, leur soutien infaillible en des moments difficiles, les valeurs inspirantes dont elles témoignent et qui m’aident à progresser dans ma propre vie. Quels beaux cadeaux!

Il y a d’autres circonstances qui m’appellent à exprimer ma confiance. Par exemple, lorsque je prends l’avion, je mise sur l’expérience du pilote aux commandes; lorsque je m’informe sur l’état du monde, je choisis des médias pour la confiance que j’accorde à la fiabilité de correspondants chevronnées et pour la qualité de leurs analyses. Ces exemples illustrent que la confiance s’avère une assurance, voire même un privilège, de pouvoir compter sur autre que soi. En corollaire, plus la confiance en l’autre est constructive, plus elle enrichit ma propre existence. En me transmettant l’assurance de faire des choix judicieux, je m’efforce alors de développer dans ma vie des raisons d’inspirer confiance aux autres.

« C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour. »
(Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus)

C’est avec cette assurance que nous abordons la Parole de Dieu qui alimente et instruit notre confiance en Lui. Les Écritures nous le rappellent en des mots tellement rassurants : « Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. » (Jr 17, 7) En écrivant à son disciple Timothée pour le rassurer dans sa mission, saint Paul évoque la puissance libératrice de la Parole : « Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs; et moi, je suis le premier des pécheurs. » (1 Tm 1, 15) Ceci nous conduit alors à nous poser la question suivante : Jésus apparaît-il comme un espoir ou comme le socle sur lequel repose notre espérance dans la foi?

Un dicton populaire dit que l’espoir fait vivre, comme l’espoir d’un succès, d’un meilleur salaire ou de jours meilleurs. On parle, en ce moment, d’espoir de paix devant les atrocités causées par les guerres. Si nous n’avions qu’à espérer, nous serions souvent déçus parce que l’espoir, si important soit-il, dépend de conditions qui dépassent nos moyens de les voir se réaliser. C’est pourquoi dans la foi, nous choisissons l’espérance en Dieu. Nous pouvons Lui accorder une confiance absolue, car Dieu est fidèle dans ses promesses, comme l’affirme saint Paul : « Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint. » (Rm 15, 13)

Jésus invite tous ceux et celles qui ont confiance en sa Parole à établir une relation confiante envers Dieu, comme un enfant envers ses parents. « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent! » (Mt 7, 11) Car Jésus sait combien la confiance et l’espérance dans la foi permettent de vivre dans la sérénité et dans la paix, dans une relation qui soutient la vie et l’ouvre non seulement à Dieu, mais aux personnes qui nous entourent. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avait bien raison de répéter : « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ».