Célébrer la vie
Pour célébrer la vie ne faut-il pas en reconnaître le prix, la valeur et en accepter la finitude?
Parce que la vie est brève, chaque moment revêt une signification unique. Job le disait bien : « L’homme, né de la femme, vit peu de jours, rassasié de tourments; comme fleur, il germe et se fane; tel une ombre, il fuit sans s’arrêter. » (Job 14, 1-2) La fragilité de la vie en révèle l’importance. Job l’exprimera à Dieu avec des mots remplis de force et de lucidité : « Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle. » (7, 7)
Comment mesurer le prix de notre vie? Reçue gratuitement, c’est à travers le prisme de la dignité humaine que son prix infini se laisse découvrir. Une vie non pas superficielle, mais profondément intérieure : « C’est en moi, et non dans les événements extérieurs, que se jouent les grandes options. La vie est belle, je le répète, et c’est un don de Dieu si généreux que nous n’en mesurerons jamais le prix. » (Etty Hillesum)
Et que dire de sa valeur? Un être de chair portera la souffrance en lui-même, dans son corps et dans son esprit. Cette souffrance altère ses jours, l’isole et peut devenir une source de rejet.
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
(Luc 17, 19)
Dans l’Évangile selon saint Luc, dix lépreux demandent au Christ de les guérir. Avec leurs corps meurtris, ils sont exclus de la société et tristement considérés comme des morts-vivants. Jésus s’arrête devant eux et les guérit. Puis, Il les envoie se montrer aux prêtres afin de pouvoir retrouver leur place parmi la société.
« L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. » (Luc 17, 15-16) Pourquoi revient-il? Les neuf autres se sont contentés de recevoir le miracle et de s’en réjouir. Lui mesure l’ampleur de ce que le Christ vient de faire pour lui et il veut le remercier, le rencontrer.
En retournant, l’histoire ne s’arrête pas là, le Christ, de nouveau, l’accueille. Il lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » (Luc 17, 19)
À la suite du geste de gratitude initié par le lépreux, le Christ lui présente quelque chose de bien plus grand que la guérison physique initiale. Il lui offre une conscience profonde du salut. À partir de là, le lépreux découvre qu’il a du prix aux yeux de Dieu, qu’il est aimé par Lui, sauvé par Lui. Désormais, sa vie est transformée et ancrée dans un amour qui dépasse la mort, et une paix intérieure que les tempêtes ne peuvent pas détruire l’habite. Le Christ lui permet de retrouver sa dignité humaine et apporte un sens profond à toute sa vie.
À notre tour, comme ce lépreux, croyons. Reconnaissons au fil des jours les guérisons et les grâces reçues du Seigneur. Osons nous agenouiller dans cette demeure qui abrite Dieu en nous et où Il nous attend. Que notre prière se fasse action de grâce! Ainsi nous pourrons célébrer notre vie reçue et si belle.
Union de prière!