Janvier-Février 2026

Éditorial par François-Marie Héraud

Garder patience

Chaque jour, à travers nos rencontres, nous sommes appelés à écouter, échanger et partager. Parfois, les opinions divergent et s’opposent même. La pression monte. Il devient alors difficile de garder patience, de demeurer calme intérieurement. Acculés au mur, nous réagissons, nous nous défendons. Rapidement, les mots répliquent et visent à convaincre celui ou celle qui, en un instant, est devenu un adversaire. La patience cède alors la place à la discorde. Une porte au dialogue se ferme momentanément.

À quoi peut bien servir la patience dans de tels contextes, dans notre monde d’aujourd’hui? Un monde où l’instantanéité prime sur la réflexion, où l’argent est maître et l’humilité est abaissée, où le succès est recherché et la compassion est reléguée loin dans les priorités? Pourquoi tant d’efforts pour garder sa patience si cela ne nous permet pas d’être riche, puissant ou célèbre?

En fait, certains iront jusqu’à affirmer que la patience est pour les faibles, pour ceux dont la voix ne compte pas puisqu’ils n’ont aucun pouvoir.

Que penser? Est-ce que je suis concerné par la patience? Suis-je patient aux moments où je n’ai pas ce que je veux ou lorsqu’on m’impose ce que je ne veux pas? Le plus souvent, lequel des deux serais-je prêt à abandonner : mon idée ou ma patience?

La patience n’impose rien, elle sait attendre et invite à l’écoute. Discrète, fragile, silencieuse, elle ne veut jamais contraindre. Persévérante dans l’épreuve, obstinée même, elle continue malgré la douleur, les larmes, la maladie, les voix de découragement et même le poids de l’extrême solitude. 

« Seigneur, notre coeur est inquiet jusqu’à ce qu’il se repose en Toi. »
(Saint Augustin)

Être patient se vit profondément et reflète directement l’intérieur sans masque ni maquillage. Confidente du cœur, elle tente de le suivre et se met à sa disposition. Elle sait ce qui est précieux en allouant efforts et temps sans compter. Puis, la patience se fait aussi reconnaissante envers le Créateur et un appui indéfectible à l’espérance. Comme le disait saint Augustin : « Seigneur, notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il se repose en Toi. » 

La patience est un don très précieux de l’Esprit Saint, inestimable même. (Galates 5, 22) Sans elle, nous passerions à côté de tant de merveilles. Sans elle, que seraient nos vies?

Et Marie, que nous apprend-elle sur la patience? Femme de prière et de décisions, Marie surmonte sa fragilité en s’appuyant totalement sur le Seigneur. Toute sa vie est enracinée dans une foi qui se fait accueil de Dieu. Marie, la choisie, la comblée de grâces, devient une guide privilégiée vers le Sauveur.

Que Marie, humble et douce, soit notre modèle de patience!

Que Marie nous conduise à Celui qui est Chemin, Vérité et Vie!

Que le Seigneur qui marche chaque jour avec nous « reste avec nous »!

Union de prière!

 

 

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Charles Duval, C.Ss.R. — Archevêque de Grouard-McLennan

Garder patience... comme Dieu

Il n’est pas facile d’être patient. On perd patience lorsque la page Internet ne s’affiche pas en un instant, lorsque la circulation nous ralentit, lorsqu’un colis n’arrive pas le lendemain de notre commande, lorsqu’un avion est retardé…

Et pourtant, la patience est une vertu importante dans notre vie de foi. Heureusement que Dieu est patient avec nous. Sommes-nous patients avec Lui, avec son Église, avec notre prochain? Dans sa prière d’espérance, sainte Thérèse d’Avila écrivait : « La patience obtient tout. »

Prenons exemple sur Celui qui est « Tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. » (Psaume 102, 8) Il attend patiemment que nous tournions notre cœur vers Lui.

« Prenons exemple sur Celui qui est ‘‘Tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.’’ »
(Psaume 102, 8)

Nous venons de célébrer la naissance de Jésus que Dieu a mis des siècles à préparer. Il désire ardemment son retour, mais attend patiemment que tous le découvrent et le choisissent… ou pas. Mais qu’au moins, tous et toutes aient eu la chance de connaître son grand amour.

Osons prier pour ceux et celles qu’on aime, comme sainte Monique qui espéra pendant dix-sept ans la conversion de son fils, saint Augustin. Soyons patients avec ceux qui nous entourent, car Dieu l’est avec nous. Soyons patients aussi avec nous-même lorsque la distraction nous empêche de prier, lorsque nous confessons toujours les mêmes péchés, lorsque, comme l’écrit saint Paul, « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. »

(Romains 7, 19)