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Revue Sainte Anne Sommaire

 

Éditorial

Mai 2019 par Lucie Ricard Rédactrice en chef

 

La différence…

En 2019 (j’peux pas croire qu’on est déjà 19 ans passé l’an 2000!) en 2019, donc, la différence est plus présente que jamais dans notre environnement, notre société. Religions, ethnies, genres, choix de vie, d’alimentation, et j’en passe… Et les différences sont parmi les choses les plus difficiles à accueillir. On essaie, souvent avec bonne foi, de faire comme si la différence n’était pas là; mais notre cœur ne suit pas nécessairement ce que notre cerveau décide ou vice-versa. Ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est de l’humain.

Quand un parent doit accueillir la « différence » des choix de son enfant, tant en matière de préférences sexuelles qu’en matière de choix d’études ou de vie… Si notre accueil n’est pas entier ni instantané, c’est souvent parce qu’on a le réflexe de s’inquiéter pour lui des embûches que son chemin pourrait lui réserver. C’est notre amour qui nous fait craindre la différence alors qu’on devrait s’inspirer de l’amour inconditionnel de Dieu pour nous et accueillir cette différence. Différente de quoi, d’ailleurs? De notre chemin à nous, de nos choix à nous. Alors que pour la personne concernée, ce n’est différent de rien puisqu’il s’agit de SON choix. Purement et simplement.

Je suis obèse. En 2019, c’est une différence qui paraît. Et si j’ai réussi à me rendre à 40 ans sans en sentir les effets déplaisants, les 10 dernières années ont été, elles, plus difficiles. J’ai vraiment vécu le regard des autres, le jugement, la condescendance. Même si j’y lis parfois de l’empathie, je ressens leur réaction. Souvent, cela me fait modifier mes choix et mes actions. Je me dis donc que les gens à qui on manifeste une perception de différence peuvent aussi choisir de modifier leurs actions, comme moi je le fais, pour dissimuler cette différence... Alors plus personne n’est vrai ni libre.

Personnellement, je ressens souvent un malaise devant les femmes voilées en totalité. Quand mon regard se pose sur elles, je me sens inadéquate, j’essaie de calmer mon jugement et demande à mon regard de transcender de la bonté, de l’accueil. Pourtant, quand je marche en forêt, je ne réagis pas au fait que les arbres sont différents les uns des autres. Cette diversité est simplement normale, c’est d’ailleurs ce qui fait la beauté du paysage. Pourquoi alors voir la différence chez les gens? Parce que, sûrement, je compare avec ma couleur, ma religion, mes préférences alimentaires que moi, je juge « normales ». Je devrais réaliser que, pour eux, c’est moi qui suis différente. 

Aujourd’hui, je prie Dieu de m’apprendre, pour vrai, l’amour et l’accueil inconditionnels. Purs. Sans forcer. Comme une promenade en forêt où tout me paraît simplement beau et à sa place…

Bonne lecture,

Lucie

 

Humainement parlant par Gabrielle Descarreaux

 

… les différences

Dans notre société moderne, plusieurs aborderaient le thème des différences selon l’angle de la race et des cultures qui s’opposent. Certes, ce sujet est d’actualité et très pertinent, par contre, j’aimerais aborder l’importance de valoriser les différences entre les étudiants à l’école.

Prenons un simple exemple : il nous est tous déjà arrivé de nous sentir inférieurs à un de nos collègues de classe puisque celui-ci a obtenu une meilleure note que nous en physique. En effet, cette réaction est tout à fait commune puisque depuis notre tendre enfance, le système d’éducation nous apprend que nous devons avoir du succès et être les meilleurs dans tout ce que nous entreprenons. Or, cette perception de l’éducation et des individus n’est-elle pas arriérée et inadéquate pour notre société actuelle?

Je pense fermement que oui. En fait, je crois qu’il existe plusieurs types d’intelligences, comme l’intelligence artistique, sportive ou rationnelle, qui sont tout autant valables les unes que les autres et qui permettent à certains de réussir dans un domaine en particulier plutôt qu’un autre. Ainsi, il est normal que certaines personnes soient couronnées de succès en physique en considérant que dans certains domaines, celles-ci n’auront pas un taux aussi élevé de réussite. D’ailleurs, il serait intéressant, que notre système d’éducation s’adapte et opte pour une vision de l’éducation plus rousseauiste qui consiste à voir l’élève comme une fin et non un moyen ne valorisant pas l’idée d’utilité et la perfection de notre société.

Ainsi, le but de l’éducation serait de former l’esprit émotionnel autant que rationnel de l’étudiant afin qu’il soit apte à se former une opinion et avoir une ouverture d’esprit.

C’est donc en prônant cette approche et en acceptant les différentes intelligences de chacun et en formant l’élève pour qu’il développe une autonomie intellectuelle, qu’on pourra améliorer notre société et nos institutions.

Donnons une chance à la génération de demain!